Ce matin, un pote musicien m'envoie
« une page pour [se] familiariser un peu plus avec la musique cubaine, ancienne et moderne ; je sais que c'est un peu pénible de n'avoir que 45 secondes de musique à chaque fois,
mais ça donne au moins une bonne idée de la structure des intros... http://www.cubamusic.com/ »Résultat, j'ai passé la matinée et une partie de l'après-midi en salsa.
A vrai dire, sur Cubamusic il y a une banque de données impressionnante sur la Musique cubaine : genres, titres, artistes de A à Z, documentation (en espagnol)... une mine pour l'aficionado, et c'est à ce titre que je le colle en lien permanent ; mais j'ai eu beaucoup de mal à trouver 45 secondes à me mettre dans le pavillon. Beaucoup plus difficile que de passer commande...
Alors, plutôt frustré faut reconnaître, je me suis mis en quête du son... de ce son de Cuba qui, là-bas, je suppose, est une composante de l'atmosphère. C'est tellement aéré, il faut que tu t'envoles, comme une graine de pissenlit tu te laisses porter, tu planes...
...Tu planes mais sans oublier jamais la terre qui plane aussi, convertie en odeurs et en bruits, convertie à la légèreté par un soleil équatorial après la pluie tropicale et les foules là-dessous qui s'activent. Y a pas à dire, le son cubain ça sent le sol...
C'était à Jazz in Marciac en
2006, un soir tard, après le grand concert. Sur la petite scène à côté de la buvette s'installe un orchestre de salsa cubains (la salsa et l'orchestre). D'abord on était trois ou quatre
curieux assis par terre devant une piste vide et des musiciens encore dans l'ombre qui vérifient leur matériel, et cinq minutes après nous voilà pris dans une foule en délire et en sueur, foule
dans laquelle on s'engouffre à corps perdu... La danse, deux heures durant, la transe... La salsa cubaine, attention ! Ça n'étourdit pas, ça n'ensorcelle pas, ça envoûte : le vaudou n'est jamais
loin. Toujours le même rituel : au début c'est une bluette, petite fleur bleue alanguie et pomponnée à l'eau de rose, on se croirait sur Teleglobo, devant un générique de feuilleton brésilien. Puis la section rythmique intervient et tout alors devient rythmique, ça prend comme une "sauce", ça te prend comme une magie noire, tu te livres, tu ne t'appartiens plus. Ici comme dans un fest-noz*, la transe est collective, et fusionnelle : on était grain de sel, on devient molécule de mayonnaise... (ou de jelly... tu vois ce que je veux dire ?). Faudrait s'enfiler un de ces feuilletons brésiliens du début à la fin pour voir si jusqu'au bout l'analogie se vérifie : si c'est le cas alors c'est sûr, ils se terminent tous dans une partouze généralisée, ¡ Descarga total !**
Après, que veux-tu, on en redemande. Et c'est justement cette sensation-là que je tenais à retrouver, or pour ça, Cubamusic n'est peut-être pas la meilleure adresse.
D'autant qu'il y a plein de webradios qui se bousculent au portail quand tu as le malheur de lancer "cuba" en recherche. J'en ai essayé deux ou trois avant de tomber sur la bonne. Avec de temps en temps un coup de pub (en espagnol !) ou un jingle un tantinet prout-prout, mais entretemps c'est de la bonne : ça démarre sirupeux et gominé à souhait, tout en bons sentiments et en gracieusetés, tu te laisses embobiner parce que tu te méfies pas et là, en un instant tu es dans ses bras, elle t'emballe, elle te pelote et te roule une pelle en prime : la salsa !
Des radios cubaines, y en a plein. Celle que j'ai choisie je sais pas si c'est la meilleure mais elle me va : en fait, Batanga couvre tout le champ de la musique latine et se subdivise en 24 radios spécialisées par genre : tango, merengue, hip-hop... Moi, pour commencer, je me suis offert une bonne tranche de salsa en plat principal, et en dessert une belle part de latin jazz. Pour confirmer, s'il en était besoin, que la musique latine en général, la cubaine en particulier, c'est une Terre promise pour l'improvisation.
Je me prépare, je me familiarise. Comme ça, si quelqu'un a la bonne idée d'organiser quelque part un de ces quatre un bœuf latino, pour les impros je serai chaud !
*- ou dans une bonne manif !
**- en argot cubain, Descarga (littéralement : "décharge") signifie bœuf, jam session... quand ça ne signifie pas quelque chose de beaucoup plus cochon !
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Jeudi 27 septembre, 20h30 : à 100 km de Paris par la
Seine (ou par l'A13), à mi-distance de Rouen et d'Evreux, Le Moulin de Louviers (27) inaugure ses Jam Sessions : bonne nouvelle pour les jazzeux de la
région puisque jusqu'ici, les lieux de rencontre étaient plutôt rares...
Dans une ambiance
décontractée, chacun peut proposer des morceaux, accompagner les autres, regarder ou écouter en buvant un coup. Stéphane le patron nous accueille avec bonnne humeur et simplicité. Il aime
la musique, ayant lui-même pratiqué autrefois. 
Vous voyez à qui je pense ?
Oui, à vous. Pour avoir atterri sur ce blog, probable que vous n'habitez pas trop loin de la Godinette (Romazy-35) et que vous vous intéressez à la musique. Or il y a justement en bas de
chez vous un bar où vous croisez parfois un ou deux zicos en mal de rencontres musicales. Ne seraient-ils pas heureux de connaître un endroit où l'on ne demande qu'à les entendre ? Comment faire
pour les aider ?...
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